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Chaque hiver, la même tentation revient : leur donner du pain. Cela semble pratique, généreux, presque naturel. Pourtant, pour les oiseaux, c’est loin d’être un cadeau. Si vous voulez vraiment les aider à passer le froid, à reprendre des forces et à survivre jusqu’au printemps, il existe des gestes bien plus efficaces… et parfois surprenants.
Le pain, surtout blanc, ne nourrit presque pas les oiseaux. Il remplit leur estomac, mais sans leur apporter ce dont ils ont besoin. Un peu comme si vous ne mangiez que des chips toute la journée.
En plus, en grande quantité, le pain peut provoquer des troubles digestifs. Il peut aussi fermenter dans leur jabot et les affaiblir encore plus. En plein hiver, cet affaiblissement peut faire la différence entre la vie et la mort.
Autre problème : les miettes de pain qui restent au sol attirent les rats et salissent les points d’eau. Elles favorisent aussi la prolifération de maladies chez les oiseaux qui se regroupent en trop grand nombre au même endroit.
Quand il fait froid, les oiseaux brûlent énormément d’énergie pour maintenir leur température. Ils ont donc besoin de deux choses : des aliments très caloriques et de l’eau. Sans les deux, ils ne tiennent pas longtemps.
Dans la nature, en hiver, les insectes se font rares. Les fruits sauvages sont vite épuisés. Les oiseaux doivent chercher longtemps pour trouver chaque graine, chaque baie. Les aider, c’est leur offrir un petit coup de pouce, pas les rendre dépendants, mais leur permettre de passer les périodes les plus difficiles.
Voici ce que vous pouvez proposer sans risque, et qui les aide vraiment à recharger leurs batteries.
Pour les insectivores (rouges-gorges, merles, mésanges, sittelles), vous pouvez aussi offrir de petites quantités de vers de farine séchés. Une cuillère à soupe par jour, répartie en deux fois, suffit largement.
Si vous avez un peu de temps, vous pouvez fabriquer vos propres boules de graisse. C’est économique, simple, et vous contrôlez les ingrédients.
Pour environ 6 à 8 petites boules, il vous faut :
Préparation :
Ensuite, vous pouvez poser ces blocs dans des porte-boules adaptés, sur une planche ou les coincer dans les branches d’un arbuste. Évitez absolument les filets en plastique qui peuvent piéger les pattes.
Nourrir, c’est bien. Mais nourrir correctement, c’est mieux. L’emplacement joue un rôle énorme dans la sécurité des oiseaux.
Installez les mangeoires :
Nettoyez régulièrement les mangeoires, au moins une fois par semaine par temps froid, davantage en période douce. Un simple lavage à l’eau chaude avec un peu de savon, bien rincé, limite la transmission de maladies.
On y pense moins que la nourriture, mais l’eau est vitale. En hiver, les flaques et petites mares gèlent vite. Les oiseaux peuvent mourir de déshydratation même entourés de neige.
Vous pouvez leur proposer :
Par temps de gel, versez de l’eau tiède (surtout pas bouillante). Vous pouvez aussi placer un petit caillou ou un galet au centre pour éviter que toute la surface gèle trop vite. N’ajoutez jamais d’alcool ni de sel pour empêcher la glace.
L’idéal est de commencer le nourrissage régulier dès les premiers froids, souvent entre novembre et décembre, selon votre région. L’important, une fois commencé, est de garder une certaine régularité. Les oiseaux s’habituent vite à un point de nourriture fixe.
Vous pouvez continuer jusqu’à la fin de l’hiver, parfois jusqu’en mars. Dès que les températures remontent et que les insectes reviennent, réduisez progressivement. Cela les encourage à retrouver une alimentation plus naturelle et à ne pas devenir totalement dépendants.
Au-delà de la nourriture, quelques gestes simples peuvent transformer votre jardin ou votre balcon en vrai refuge d’hiver.
Dire “surtout pas de pain”, ce n’est pas gâcher le plaisir de nourrir les oiseaux. C’est au contraire une façon de les respecter davantage. En choisissant des aliments adaptés, en installant des mangeoires sûres et en pensant à l’eau, vous leur offrez une vraie chance de passer l’hiver dans de meilleures conditions.
Et puis, entre nous, les observer venir, repartir, se chamailler un peu autour des graines, c’est un vrai spectacle. Un petit bout de nature vive, juste derrière votre fenêtre.